Les Pays Baltes : trois pays, trois identités, mille nuances
Dernière mise à jour : 4 sept.
Vilnius, Riga, Tallinn. Trois capitales que l’on associe souvent dans un même voyage, comme si les Pays Baltes formaient un ensemble homogène. Avant de partir, je pensais découvrir trois pays proches, avec une histoire commune et des paysages relativement similaires. Pourtant, après les avoir parcourus, c’est surtout leur singularité que je retiens.

Vilnius, une capitale marquée par les influences
Vilnius a été la première étape de mon voyage, et probablement celle où j’ai ressenti le plus fortement la profondeur historique de la région.
Son histoire est intimement liée à celle du Grand-Duché de Lituanie, de la Pologne, de la communauté juive, de l’Empire russe puis de la période soviétique. Ces différentes strates ne sont pas toujours immédiatement visibles, mais elles sont là, dans l’architecture, dans les édifices religieux, dans les noms, dans les quartiers et dans les récits que l’on découvre au fil des visites.
Une destination qui invite à ralentir
Vilnius est relativement facile à apprivoiser. C’est aussi ce qui m’a plu : on flâne d’une ruelle à une autre, d’une église à une à une place, d’un bâtiment historique à un café contemporain.
Le centre historique, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, possède cette capacité à faire oublier, pendant quelques instants, que l’on est dans une capitale européenne.
J’ai aimé cette sensation de pouvoir découvrir la ville sans avoir constamment besoin de courir d’un « incontournable » à un autre.
Et puis il y a cette impression que Vilnius ne cherche pas à effacer les différentes périodes de son histoire. C’est peut-être aussi ce qui rend la ville intéressante : elle ne donne pas immédiatement toutes les clés de compréhension.
Il faut observer, lire, écouter, et parfois accepter de ne pas tout comprendre du premier regard.

Riga : derrière la beauté, les contrastes d'une histoire complexe
Avec la capitale lettone, mon ressenti a été différent.
Riga m’a davantage interpellée par ses contrastes et par les différentes couches qui semblent cohabiter dans la ville.
Il y a d’abord la beauté architecturale, notamment cette impressionnante concentration d’édifices Art nouveau. Puis le centre historique, les quartiers plus contemporains, la vie urbaine…
Mais derrière cette première découverte, j’ai rapidement eu le sentiment que Riga demandait davantage de clés pour être comprise.
Quand les langues racontent l’histoire
« Quelle langue parle-t-on à Riga ? » Derrière cette question apparemment simple, se cache une certaine complexité. Si le letton est la langue officielle, c'est ici que j'ai le plus entendu parler russe au cours de ce voyage.
Dans les trois pays baltes, la présence de populations russophones est l’une des conséquences des importants mouvements de population survenus pendant la période soviétique. Mais à Riga, cette réalité est particulièrement visible.
En entendant parler russe dans la rue, je me suis souvent surprise à me demander : qui vit ici ? Quelle histoire familiale porte cette personne ? Et quel regard porte-t-elle sur l'indépendance du pays par rapport à la Russie ?
Tout à coup, une simple conversation entendue au détour d’une rue devenait le reflet d’une histoire beaucoup plus vaste.

Tallinn : un parfum de Finlande au bord de la Baltique
Après la complexité historique ressentie à Vilnius et les contrastes particulièrement visibles à Riga, Tallinn m’a semblé apporter une autre tonalité.
Cette impression d'une société plus tournée vers le Nord. Dès mon arrivée à Tallinn, j'y ai retrouvé quelque chose de la Finlande. Ce n’est pas surprenant, quand on connaît les liens historiques, géographiques et culturels entre les deux pays.
Une ville à deux facettes
D’un côté, la vieille ville médiévale, avec ses remparts, ses rues pavées et ses bâtiments historiques.
De l’autre, la ville contemporaine affirme une identité très différente avec ses quartiers créatifs, ses adresses branchées et son architecture moderne…
Tallinn n’est absolument pas figée dans son passé et semble parfaitement à l’aise avec l'idée de faire cohabiter son patrimoine et sa modernité.
Ce mélange m’a beaucoup plu, et c’est même ce contraste qui m’a le plus intéressée.
La ville ne semble pas avoir besoin de choisir entre être une destination patrimoniale et être une capitale tournée vers l’avenir.
Elle peut être les deux.

Conclusion
L'histoire complexe et récente des Pays Baltes n'est pas simplement racontée dans les musées.
Elle se ressent dans les villes, dans les langues parlées, dans les mémoires familiales et parfois dans les relations entre les populations. Et c'est ce qui m'a particulièrement marquée lors de ce voyage.
Une autre chose m’a frappée : le soutien à l’Ukraine est partout.
Dans les rues, sur les façades des immeubles et des institutions, dans les commerces... J'ai rarement vu autant de drapeaux ukrainiens.
Bien sûr, l’Ukraine est le voisin dont on défend le droit à exister librement. Mais elle est aussi, en quelque sorte, un miroir.
Car derrière le soutien aux Ukrainiens se lit une autre réalité : la peur du voisin russe.
La guerre en Ukraine réactive forcément cette mémoire.
Au delà du message "nous sommes avec l’Ukraine", les drapeux ukrainiens semblent aussi dire : "Nous savons ce que signifie vivre à côté d'une grande puissance dont nous avons déjà subi la domination."


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